02.05.2007
Les Petits Fantômes
A PROPOS DES PETITS FANTOMES![]()
Les chemins du compositeur et musicien Yannick Lemesle et ceux de l’écrivain, comédien et metteur en scène Michel Bayard ont eu l’occasion de se croiser à trois reprises sur les créations théâtrales de ce dernier : « Zanni » en 1993, « Carnet de Voyage » en 1996 et « Les Trois Coups » en 2000.
En 2004, le désir de partager une nouvelle « aventure artistique » les réunit à nouveau. C’est alors que naît l’idée d’enregistrer et de mettre en musique des textes que Michel Bayard avait écrits en 1998.
Le choix des poèmes s’est imposé à l’écoute après plusieurs prises de son. Sur une trentaine de textes proposés, dix-huit ont été sélectionnés et regroupés par thèmes, quatre chapitres pour quatre points cardinaux, quatre univers aussi différents que complémentaires.
Durant cette année d’expériences et d’échanges, de l’entrée en studio à la réalisation du CD, la découverte réciproque de leurs univers personnels leur a donné envie de poursuivre cette aventure en la partageant avec un public.
Faire découvrir à un auditoire les « recettes » de fabrication de la matière sonore et la mise en scène des mots à travers un véritable spectacle adapté de ce carnet intimiste.
LE PREMIER CHAPITRE
Il réunit des histoires touchant le texte, la création, le processus de l’écriture, de la fabrication des mots et de leur imaginaire.
Il évoque un univers aérien que le décor sonore soutient par l’utilisation d’instruments ou objets sonores de la même consonance.
MICRO, une entrée toute en douceur dans l’écoute et le goût des mots, une écriture parlée dans la bouche du micro.
L’USINE OUBLIEE est un voyage en voiture où défile un paysage gris bleu, orphelin de son usine.
RECTO-VERSO, l’écriture est au centre du propos, le travail sonore est centré sur la voix, créant ainsi un constant aller-retour entre littérature et oralité.
OUVERTURE DE PORTE, les matériaux sonores austères laissent poindre le mystère, mais l’humour est au coin de la porte…
LES PETITS FANTÔMES, souvenirs d’enfance, naissance d’un théâtre dans un grenier. Pour la première fois, le texte devient un récit où apparaissent des personnages sonores. Les mots et les sons nous embarquent dans le fantastique où se côtoient avec malice et drôlerie, les marionnettes et les petits fantômes.
LE DEUXIEME CHAPITRE
Il rassemble six textes ancrés dans la Terre, habités par un univers d’insectes, dans une ambiance ocre et chaude. Les sons deviennent plus acoustiques.
OCTOBRE est un récit de transition, sorte de fondu enchaîné qui évoque l’automne et la douceur d’une chaumière.
Avec LE VER LUISANT, on entre dans l’univers chaud des insectes. Ce magicien phosphorescent « s’humanise » au son d’une fanfare de clarinettes.
REQUIEM POUR UN SCORPION raconte l’ascension vers la « constellation du scorpion » d’un vieil arthropode, samouraï japonais qui choisit dignement sa mort. La musique, inspirée du théâtre Nô, à base de percussions jouant des rythmes « rituels », maintient la spiritualité qui émane du texte dans un élan libérateur.
VOYAGEUR, dans cette délicate petite anecdote, sorte de haïku japonais, un insecte fragile mais résistant se balade sur les cordes d’un banjo préparé.
ALICIA, dans ce chant d’amour d’arachnides, derrière le vitrail de sa toile une araignée pose ses huit pattes sur le clavier d’un piano pour évoquer la mémoire de sa sœur. Cette « comédie humaine » est un cortège baroque où se mêlent grandiloquence et excentricité.
L’EPHEMERE, histoire de métamorphose, pour sortir de ce chapitre comme le papillon sort avec difficulté de sa chrysalide. L’instrument utilisé est d’une facture originale : le meli-mélophone. Ses tiges de bois frottées à l’archet confèrent au son une matière inédite entre la respiration et le toucher, l’essoufflement et la caresse.

LE TROISIEME CHAPITRE
On tourne la page, on change d’univers et d’écriture pour entrer dans un paysage plus urbain, dans le monde des humains, des humeurs … et de l’humour.
L’univers sonore capte les échos de ces regards généreux sur l’homme pour devenir plus riche et plus vivant.
CAFE TIME, ou délires de comptoir.
L’ambiance agitée d’un café, le grouillement sonore, les rencontres, la fumée de cigarettes, les conversations, ... Un récit entre fiction et réalité dans la fièvre et l’exaltation.
SERVIETTES… ces trois petits poèmes sont un cri solitaire dans le chaos d’un lieu public, astucieux et humoristiques par la forme spontanée de l’écriture et la musique électronique décalée.

CE CHIEN
La solitude à nouveau, dans la peau d’un chien sous une table d’un banquet humain. L’ennui conjugué de ce chien et d’un enfant qui s’échappent ensemble vers la liberté, au son d’un trombone noyé dans des sons électroniques, annonce le dernier chapitre.
LE QUATRIEME CHAPITRE
C’est une incitation au voyage dans le monde de la poésie, de la création et de l’imaginaire, la conclusion de ce parcours lyrique qui invite à transcender le quotidien.
Après le premier texte où la voix seule est un chant du départ, les trois derniers sont liés musicalement par le violon qui suit un développement ascendant.
La composition débute par un rythme presque ordinaire et évolue vers une pièce quasiment symphonique.
On s’embarque avec CINQ MINUTES, histoire de faire l’inventaire de sa vie, vider son sac pour trouver l’énergie d’un nouvel envol.
BALLON ROUGE
Le rêve d’un clown triste où le violon égrène le temps qui passe. C’est une quête vers l’espoir, la liberté et la paix, une histoire sur la difficulté d’être heureux dans une vie où seul l’imaginaire peut encore nous sauver.

CI-GÎT
Un haïku sorte de pied de nez à la mort… et que vive l’âme du poète !

TABLEAU
Peinture de l’écriture au quotidien.
La tension croissante entre la voix du texte et la musique exalte l’énergie de ce dernier Opus.
LES PETITS FANTOMES SUR SCENE
Le monde sonore a pris corps avec la voix devenue un instrument à part entière, en quelques sorte l’instrument soliste.
Créée avec la volonté de faire entrer progressivement l’auditeur dans le son, la pièce sonore est une œuvre complète qui s’écoute dans son intégralité.
La mise en son des différents textes a été imaginée pour concevoir une œuvre intégrale où l’auditeur parcourt ces « petits fantômes » à travers un chemin sonore chronologique, chapitre par chapitre.
L’auditeur du CD a néanmoins le choix de ne pas suivre cette chronologie et d’écouter chaque chapitre ou chaque titre séparément, en « zappant » selon son humeur ou son envie de s’imprégner des différents climats.
e travail d’enregistrement en studio est nécessairement différent de celui d’un travail sur scène, car il est soumis à une autre exigence technique.
C’est pourquoi l’adaptation du CD sous une forme scénique nécessite plusieurs arrangements, que se soit autour du texte ou de la musique.
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Le spectacle permet au spectateur de découvrir la perception initiale de la pièce sonore jouée alors dans son intégralité chronologique.
Au-delà de la voix (instrument soliste), l’orchestration de la pièce sonore fait intervenir de multiples instruments.
Là où l’enregistrement studio, piste par piste, permet à un même interprète de jouer tous les instruments les uns après les autres, pour une adaptation sur scène, ne s’offrent que deux possibilités : soit la présence de plusieurs musiciens, soit la présence d’un seul musicien multi instrumentiste accompagné d’un dispositif électroacoustique. C’est cette deuxième forme qui a été préféré.
Michel Bayard (le comédien), Yannick Lemesle (le musicien), et le dispositif électroacoustique sont les trois seuls interprètes des « petits fantômes » sur scène.
Tout comme la voix, les autres instruments - violon, clarinette, accordéon, trombone, basse électrique, percussions, méli-mélophone, électronique, tube plastique obturé, banjo préparé, glockenspiel - sont joués en direct.
Toutes les sources sonores sont captées par des micros, puis injectées dans différents appareils électroniques (échantillonneur, boîtiers d’effets, synthétiseur, table de mélange, …) composant une sorte de studio de recherches avec lequel le musicien peut effectuer des actions de traitement ou de transformation du signal sonore.
L’ensemble de la production est simultanément projeté dans huit haut-parleurs indépendants les uns des autres.
Ce dispositif électroacoustique pourra être agrémenté d’instruments mécaniques de facture originale.
Sa mise en espace constitue la scénographie du spectacle.
a mise en scène des deux interprètes évoluant et manipulant divers objets et instruments à l’intérieur de cette installation, crée un véritable laboratoire d’émissions radiophoniques.
Le visuel ainsi proposé permet au spectateur de laisser promener son imaginaire dans le décor sonore pour peut-être y trouver ses propres petits fantômes.
16:35 Publié dans Créations sonores | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les petits fantômes, décor sonore, texte, musique, home-made instruments, univers sonore, instruments inventés

