02.05.2007
Les Petits Fantômes
A PROPOS DES PETITS FANTOMES![]()
Les chemins du compositeur et musicien Yannick Lemesle et ceux de l’écrivain, comédien et metteur en scène Michel Bayard ont eu l’occasion de se croiser à trois reprises sur les créations théâtrales de ce dernier : « Zanni » en 1993, « Carnet de Voyage » en 1996 et « Les Trois Coups » en 2000.
En 2004, le désir de partager une nouvelle « aventure artistique » les réunit à nouveau. C’est alors que naît l’idée d’enregistrer et de mettre en musique des textes que Michel Bayard avait écrits en 1998.
Le choix des poèmes s’est imposé à l’écoute après plusieurs prises de son. Sur une trentaine de textes proposés, dix-huit ont été sélectionnés et regroupés par thèmes, quatre chapitres pour quatre points cardinaux, quatre univers aussi différents que complémentaires.
Durant cette année d’expériences et d’échanges, de l’entrée en studio à la réalisation du CD, la découverte réciproque de leurs univers personnels leur a donné envie de poursuivre cette aventure en la partageant avec un public.
Faire découvrir à un auditoire les « recettes » de fabrication de la matière sonore et la mise en scène des mots à travers un véritable spectacle adapté de ce carnet intimiste.
LE PREMIER CHAPITRE
Il réunit des histoires touchant le texte, la création, le processus de l’écriture, de la fabrication des mots et de leur imaginaire.
Il évoque un univers aérien que le décor sonore soutient par l’utilisation d’instruments ou objets sonores de la même consonance.
MICRO, une entrée toute en douceur dans l’écoute et le goût des mots, une écriture parlée dans la bouche du micro.
L’USINE OUBLIEE est un voyage en voiture où défile un paysage gris bleu, orphelin de son usine.
RECTO-VERSO, l’écriture est au centre du propos, le travail sonore est centré sur la voix, créant ainsi un constant aller-retour entre littérature et oralité.
OUVERTURE DE PORTE, les matériaux sonores austères laissent poindre le mystère, mais l’humour est au coin de la porte…
LES PETITS FANTÔMES, souvenirs d’enfance, naissance d’un théâtre dans un grenier. Pour la première fois, le texte devient un récit où apparaissent des personnages sonores. Les mots et les sons nous embarquent dans le fantastique où se côtoient avec malice et drôlerie, les marionnettes et les petits fantômes.
LE DEUXIEME CHAPITRE
Il rassemble six textes ancrés dans la Terre, habités par un univers d’insectes, dans une ambiance ocre et chaude. Les sons deviennent plus acoustiques.
OCTOBRE est un récit de transition, sorte de fondu enchaîné qui évoque l’automne et la douceur d’une chaumière.
Avec LE VER LUISANT, on entre dans l’univers chaud des insectes. Ce magicien phosphorescent « s’humanise » au son d’une fanfare de clarinettes.
REQUIEM POUR UN SCORPION raconte l’ascension vers la « constellation du scorpion » d’un vieil arthropode, samouraï japonais qui choisit dignement sa mort. La musique, inspirée du théâtre Nô, à base de percussions jouant des rythmes « rituels », maintient la spiritualité qui émane du texte dans un élan libérateur.
VOYAGEUR, dans cette délicate petite anecdote, sorte de haïku japonais, un insecte fragile mais résistant se balade sur les cordes d’un banjo préparé.
ALICIA, dans ce chant d’amour d’arachnides, derrière le vitrail de sa toile une araignée pose ses huit pattes sur le clavier d’un piano pour évoquer la mémoire de sa sœur. Cette « comédie humaine » est un cortège baroque où se mêlent grandiloquence et excentricité.
L’EPHEMERE, histoire de métamorphose, pour sortir de ce chapitre comme le papillon sort avec difficulté de sa chrysalide. L’instrument utilisé est d’une facture originale : le meli-mélophone. Ses tiges de bois frottées à l’archet confèrent au son une matière inédite entre la respiration et le toucher, l’essoufflement et la caresse.

LE TROISIEME CHAPITRE
On tourne la page, on change d’univers et d’écriture pour entrer dans un paysage plus urbain, dans le monde des humains, des humeurs … et de l’humour.
L’univers sonore capte les échos de ces regards généreux sur l’homme pour devenir plus riche et plus vivant.
CAFE TIME, ou délires de comptoir.
L’ambiance agitée d’un café, le grouillement sonore, les rencontres, la fumée de cigarettes, les conversations, ... Un récit entre fiction et réalité dans la fièvre et l’exaltation.
SERVIETTES… ces trois petits poèmes sont un cri solitaire dans le chaos d’un lieu public, astucieux et humoristiques par la forme spontanée de l’écriture et la musique électronique décalée.

CE CHIEN
La solitude à nouveau, dans la peau d’un chien sous une table d’un banquet humain. L’ennui conjugué de ce chien et d’un enfant qui s’échappent ensemble vers la liberté, au son d’un trombone noyé dans des sons électroniques, annonce le dernier chapitre.
LE QUATRIEME CHAPITRE
C’est une incitation au voyage dans le monde de la poésie, de la création et de l’imaginaire, la conclusion de ce parcours lyrique qui invite à transcender le quotidien.
Après le premier texte où la voix seule est un chant du départ, les trois derniers sont liés musicalement par le violon qui suit un développement ascendant.
La composition débute par un rythme presque ordinaire et évolue vers une pièce quasiment symphonique.
On s’embarque avec CINQ MINUTES, histoire de faire l’inventaire de sa vie, vider son sac pour trouver l’énergie d’un nouvel envol.
BALLON ROUGE
Le rêve d’un clown triste où le violon égrène le temps qui passe. C’est une quête vers l’espoir, la liberté et la paix, une histoire sur la difficulté d’être heureux dans une vie où seul l’imaginaire peut encore nous sauver.

CI-GÎT
Un haïku sorte de pied de nez à la mort… et que vive l’âme du poète !

TABLEAU
Peinture de l’écriture au quotidien.
La tension croissante entre la voix du texte et la musique exalte l’énergie de ce dernier Opus.
LES PETITS FANTOMES SUR SCENE
Le monde sonore a pris corps avec la voix devenue un instrument à part entière, en quelques sorte l’instrument soliste.
Créée avec la volonté de faire entrer progressivement l’auditeur dans le son, la pièce sonore est une œuvre complète qui s’écoute dans son intégralité.
La mise en son des différents textes a été imaginée pour concevoir une œuvre intégrale où l’auditeur parcourt ces « petits fantômes » à travers un chemin sonore chronologique, chapitre par chapitre.
L’auditeur du CD a néanmoins le choix de ne pas suivre cette chronologie et d’écouter chaque chapitre ou chaque titre séparément, en « zappant » selon son humeur ou son envie de s’imprégner des différents climats.
e travail d’enregistrement en studio est nécessairement différent de celui d’un travail sur scène, car il est soumis à une autre exigence technique.
C’est pourquoi l’adaptation du CD sous une forme scénique nécessite plusieurs arrangements, que se soit autour du texte ou de la musique.
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Le spectacle permet au spectateur de découvrir la perception initiale de la pièce sonore jouée alors dans son intégralité chronologique.
Au-delà de la voix (instrument soliste), l’orchestration de la pièce sonore fait intervenir de multiples instruments.
Là où l’enregistrement studio, piste par piste, permet à un même interprète de jouer tous les instruments les uns après les autres, pour une adaptation sur scène, ne s’offrent que deux possibilités : soit la présence de plusieurs musiciens, soit la présence d’un seul musicien multi instrumentiste accompagné d’un dispositif électroacoustique. C’est cette deuxième forme qui a été préféré.
Michel Bayard (le comédien), Yannick Lemesle (le musicien), et le dispositif électroacoustique sont les trois seuls interprètes des « petits fantômes » sur scène.
Tout comme la voix, les autres instruments - violon, clarinette, accordéon, trombone, basse électrique, percussions, méli-mélophone, électronique, tube plastique obturé, banjo préparé, glockenspiel - sont joués en direct.
Toutes les sources sonores sont captées par des micros, puis injectées dans différents appareils électroniques (échantillonneur, boîtiers d’effets, synthétiseur, table de mélange, …) composant une sorte de studio de recherches avec lequel le musicien peut effectuer des actions de traitement ou de transformation du signal sonore.
L’ensemble de la production est simultanément projeté dans huit haut-parleurs indépendants les uns des autres.
Ce dispositif électroacoustique pourra être agrémenté d’instruments mécaniques de facture originale.
Sa mise en espace constitue la scénographie du spectacle.
a mise en scène des deux interprètes évoluant et manipulant divers objets et instruments à l’intérieur de cette installation, crée un véritable laboratoire d’émissions radiophoniques.
Le visuel ainsi proposé permet au spectateur de laisser promener son imaginaire dans le décor sonore pour peut-être y trouver ses propres petits fantômes.
16:35 Publié dans Créations sonores | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les petits fantômes, décor sonore, texte, musique, home-made instruments, univers sonore, instruments inventés
13.04.2007
Bibliographie/Discographie
BIBLIOGRAPHIE : Parution dans « LES CHERCHEURS DE SONS » de Gérard Nicollet et Vincent Brunot, Éditions Alternatives, Novembre 2004.
DISCOGRAPHIE :
A CONTRARIO de A contrario album K7 label Organic (Grenoble)
CONCERTO EN IF MINEUR de A contrario album K7
FAUSSE ROUTE de Trio A contrario CD
DROLE DE MUSIQUE de Trio A contrario CD
MACAU PEPLUM de Denis FRAJERMAN distribution Noise Museum.
MEKIMANIPULKI, pièce sonore pour une unité de production et deux opérateurs distribution Métamkine
LES PETITS FANTOMES avec Michel Bayard, distribution en cours
18:45 Publié dans Discographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.04.2007
CV yannick lemesle
né en 1970
Projets 2007
- création du spectacle « SONOTRAIN » texte de Gérard Nicollet, avec les Arbrassons de José Le Piez, le Méli-mélophone de Yannick Lemesle, le percussioniste Luc Bouquet et les voix de Valérie Colette et Eric Piret.
- création du spectacle « Les Petits Fantômes » avec Michel BAYARD, Cie A CONTRARIO
2007
- construction scénographie "Tous ceux qui tombent"de Samuel Beckett par la Cie LE BRUIT DES HOMMES
2006
- création/laboratoire et expérience sonore/violon « Venir » Cie DON ’T ACT (Hyères) avec les danseurs Eric Goizet, Gladys Clain, Ivan Dmitrieff et Céline Hrehorchuk.
- création de VIOLINERIES, concert solo centré sur le violon, Cie A CONTRARIO
2005
- atelier pédagogique « voix et électronique » au collège Django Reinhardt (Toulon) sous l’initiative de Nathalie FETIS.
2004
- composition et enregistrement du CD « Les Petits Fantômes » sur des textes de Michel BAYARD.
- création et interprétation de « Musique et Technologie » pour des interventions en collège sur la musique du XXème siècle, opération sous l’initiative du Conseil Général du Var et de l’Inspection Académique. (prolongée en 2005).
- construction scénographie de Suzanne Laugier pour « La légende du soldat O » CENTRE DRAMATIQUE OCCITAN (Toulon).
2003
- régie son, diffusion « D’accord Léon » Cie VOIX NOMADES (Toulon).
- composition et enregistrement du CD « Mékimanipulki, pièce sonore pour une unité de production et deux opérateurs ».
- présentations du projet en chantier ALEIN/SOLUS/MUSIK kiosque sonore, pièces sonores pour divers instruments et bandes (La Tannerie à Barjols, Les Noces Harmoniques au Thoronet, Bagdad Café à La Garde, Cinéma Le Mélies à Port de Bouc).
- conception et réalisation scénographie, création lumière « La Mandragore » de Machiavel Cie ARTSCENICUM (Montfort/Argens, Var).
2002
- construction scénographie « Les 7 portes de Corto Maltese, Cie LE BRUIT DES HOMMES (La Garde, Var).
- formation « le studio musical informatique » au GMEM (Marseille) : Max/msp, Pro-Tools, Csound, Holo-edit…
- travail d’improvisation sur scène avec les deux musiciens techno de LOOMIS (StMaximin, Var).
2001
- création sonore, diffusion et construction scénographie « Le retour de Carola Neher » de Jorge Semprun, Cie ORPHEON-THEATRE INTERIEUR (Cuers, Var).
- scénographie, musicien « Le banquet des insurgés » Cie ARTSCENICUM (Montfort/Argens, Var).
2000
- création musique « Les trois coups » Théâtre du BOUMLAYA (Lyon).
- création musique, fabrications d’instruments et comédien « La Perle » de Steinbeck Cie LE BRUIT DES HOMMES (La Garde, Var).
- création musique et scénographie, musicien et comédien « Gobuki, histoires nomades » Cie LES DRAÏS (Brignoles, Var).
- création et interprétation de « La concertférence expérimentale », intervention pédagogique en collège sur la musique du XXème siècle, opération sous l’initiative du Conseil Général du Var et de l’Inspection Académique (prolongée en 2002 et 2003).
1999
- participe au CD de Denis FRAJERMAN « Macau Peplum »
- installations sonores « Voyage du guerrier » d’après « Histoires Minimales » de Javier Toméo (Six-Fours, Var).
- création sonore, diffusion et scénographie »Le cas Gaspard Meyer » de Jean-Yves Picq, Cie LA LUCARNE (Hyères, Var).
- Création et réalisation MEKIMANIPULKI machine sonore, pièce sonore pour une unité de production et deux opérateurs (compositeur et interprète) Cie A CONTRARIO.
- comédien, violoniste et manipulateur d’objets « Refuge B » Cie ORPHEON-THEATRE INTERIEUR (Cuers, Var).
- comédien et création sonore « Le Grand Monopoloi » Cie TARIF DE GROUPE (Six-Fours, Var).
1998
- comédien « Spectacle suite » ASSOCIATION « O » (Grenoble).
- violoniste, clarinettiste « Anthrax Vanille » Cie LE CHIENDENT (Paris).
- régie plateau « Les Rois » de Cortazar, Cie ORPHEON-THEATRE INTERIEUR (Cuers, Var)
1997
- violoniste dans « Instant zéro » performance de Raymond SELMI (Marseille)
- violoniste dans KINTET (quintet à cordes) composition Bertrand DAURAT (Marseille).
- régie son « Polar », Cie LES MENTEURS (Six-Fours, Var).
- régie son et lumière « Un riche, trois pauvres » de Calaferte, Cie LA LUCARNE (Hyères,Var).
1996
- création du Méli-mélophone, instrument à lames de bois et métal frottées.
- création du duo MATERIA PRIMA : violoniste, clarinettiste et compositeur.
- installations sonores au Cargo de Grenoble, ASSOCIATION « O » (Festival « musiques urbaines »).
- création musique « Carnet de voyage » Théâtre du BOUMLAYA (Lyon).
- violoniste et comédien « Huit Clos » Cie TARIF DE GROUPE (Six-Fours, Var).
1995
- débute la pratique de la clarinette et expérimente différentes matières sonores.
- crée et anime l’ ATELIER DU SON, atelier pédagogique qui propose, en milieu scolaire, associatif et médico-éducatif, une approche de la musique par la découverte de l’improvisation et de la fabrication d’instruments (jusqu’en 1998).
- création de la Cie A CONTRARIO, structure destinée à promouvoir l’expérimentation sonore à travers la création de spectacles et différentes interventions pédagogiques.
1992
- travaille avec l’ A.B.I.M. (Avant Brigade d’Intervention Musicale, Marseille)
- création et enregistrement musique du court-métrage « Aleph » du réalisateur Patrick Boulanger.
- création du duo A CONTRARIO puis du TRIO A CONTRARIO avec Régis Codur et Antez (tournées France et Europe jusqu’en 1997) : violoniste, guitariste, home-made instruments, composition.
1990 : débute la pratique du violon, la fabrication d’instruments, la réalisation de dispositifs sonores et scéniques.
1985 : commence la pratique de la guitare électrique et de l’enregistrement dans différentes formations « rock », notamment WET-BLANKETTE.
BIBLIOGRAPHIE : Parution dans « LES CHERCHEURS DE SONS » de Gérard Nicollet et Vincent Brunot, Éditions Alternatives, Novembre 2004.
DISCOGRAPHIE :
- A CONTRARIO de A contrario album K7 label Organic (Grenoble)
- MACAU PEPLUM de Denis FRAJERMAN distribution Noise Museum.
- MEKIMANIPULKI, pièce sonore pour une unité de production et deux opérateurs distribution Métamkine
- LES PETITS FANTOMES avec Michel Bayard, distribution en cours
INSTRUMENTS principalement pratiqués, abordés ou inventés : Violon, clarinette, voix, accordéon chromatique (touche piano), guitare acoustique et électrique, basse électrique, piano, micros et prise de son, synthétiseur, échantilloneur, M.A.O, percutube, méli-mélophone, idiopédale, et d’autres à venir…
Si vous désirez télécharger Yannick_Lemesle_2007.pdf
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MéKIMANIPULKI
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Conçu et réalisé par Yannick Lemesle/Laurent Terras
Manipulé par Yannick Lemesle/Olivier Miguet
Unité de production sonore et deux opérateurs
Les ouvriers du son dans le territoire musical
MEKIMANIPULKI est une machine à faire du son, du rien, du « flan », une machine à brasser l’air. Accessoirement il en sortira - après plusieurs heures de montage, réglage, synchronisation - une pièce sonore, improbable fleur métallique, sortie désenchantée de la ferraille et des cadences de l’atelier. Les deux opérateurs, en bleu de travail, se démènent le plus sérieusement du monde, devant le regard perplexe des badauds qui, petit à petit, se piquent au jeu de savoir qui fait quoi (ou plutôt quoi fait quoi) dans ce capharnaüm de bidules et d’automates. On est finalement surpris de constater avec quel plaisir communicatif, les prolétaires volontaires manipulent les instruments pour orchestrer les trépidations grinçantes de la machine. Juste revanche d’un esprit créatif sur la logique mécaniste. Thomas HERMANS
L’installation de MEKIMANIPULKI dans une ville ou un village crée un évènement insolite qui stimule la curiosité des habitants.
En occupant l’espace pratiquement 24h/24h pendant plusieurs jours, les deux opérateurs musiciens font vivre cette sorte d’usine miniature au rythme des journées dans un lieu de travail tout en intégrant leur labeur dans le paysage urbain avoisinant.
- Le premier jour : montage de la structure et de ses modules opératoires, suivi de leurs mise en marche.
- Le deuxième jour, la machine commence à produire du son. Petit à petit, la pièce sonore se construit ; aux sons produits par ses mécanismes viennent se joindre ceux provenant de l’extérieur environnant (voitures, sirènes de pompiers, fontaine, cloches d’église, paroles de promeneurs, etc…).
- Dès lors, les journées sont ponctuées par des « essais » sonores d’une dizaine de minutes qui dévoilent au fur et à mesure la création progressive de la pièce sonore.
- Lorsque la machine a atteint son « rendement maximum », deux ou trois fois dans la journée à des horaires précis, la pièce sonore est jouée dans son intégralité (environ 1h10).L’apport des éléments sonores extérieurs et l’aléatoire de leur utilisation enrichissent cette pièce sonore qui est différente à chaque fois.
Dès son implantation, MEKIMANIPULKI est un véritable lieu de rencontre, d’échanges et de convivialité où le passant est invité, autour d’une pause café ou d’un verre de vin, à converser avec les deux opérateurs.
Les Modules
Le volume de Mékimanipulki (environ 90m3) est occupé par des mécanismes sonores diversifiés sur lesquels deux opérateurs s’affairent à l’élaboration de tâches bien déterminées (rendement oblige).Les deux « ouvriers-musiciens » produisent une matière sonore avec :
- Le résodo : complexe circuit de tuyauteries servant à acheminer du liquide dans de petits réservoirs dont l’organe central est une chaudière à charbon gérant l’élévation en température et engendrant de la vapeur d’eau. Ce réseau produit des gouttes d’eau qui tombent deux mètres plus bas sur des disques de métal en produisant un son "cristallin" riche en harmoniques et accordé très précisément « dans un ordre fou-furieux ». Le Résodo possède six disques de métal qui, lorsqu'ils jouent simultanément, produisent un rythme surprenant autonome et indépendant de toute intervention humaine.
- Le métalharmonique : un opérateur actionne un système d’engrenages mettant en mouvement des tiges de fer frottant à tour de rôle une pièce métallique résonnante à ressort ainsi que des cordes tendues.
- Les tuyaumeaux : ce module comporte trois tubes métalliques chauffés manuellement à l’aide de chalumeaux à gaz. La colonne d’air circulant dans les tubes crée une vibration sonore en fonction du réglage de la flamme. Le son produit est un accord de trois sons fluctuants.
- Les percutubes mécaniques : sorte d’hybrides entre l’orgue et la percussion, ils constituent une véritable assise rythmique répétitive de l’usine. Ces instruments sont programmés comme n’importe quelle boîte à musique. Un percutube est composé d’un rouleau à picots motorisé entraînant des tiges métalliques qui abaissent une membrane en caoutchouc. Lorsqu’elle est relâchée, elle heurte l’embouchure d’un tube PVC, ce qui déplace la colonne d’air qui se trouve dans le tube et produit un son percussif particulier.Il existe deux instruments de ce type dans l’usine, l’un comportant douze tubes et l’autre cinq, soit au total dix-sept notes. Ces deux instruments peuvent fonctionner indépendamment ou simultanément avec d’autres instruments, leur particularité étant d’arriver à produire un rythme aléatoire (malgré leur programmation mécanique sur rouleau fixe) lorsqu’ils fonctionnent simultanément, puisque l’on peut gérer leur désynchronisation.
- L’établi : ce poste de travail, prévu pour d’éventuelles opérations de maintenance, produit la lumière nécessaire à une intervention et simultanément un signal sonore en actionnant une manivelle qui entraîne une courroie relié à un système similaire à celui d’une vielle à roue.
- L’idiopédale : c’est un système idiophone laborieux, fonctionnant sur le principe de la démultiplication du mouvement et le décalage qu’il existe entre l’énergie manuelle mise en œuvre et son résultat sonore. Il est responsable d’une importante production sonore parasite qui peut être rendue très harmonieuse grâce à l’ingénierie.
- Le méli-melophone : cet instrument est une création originale inspiré à la fois du daxophone d’Hans Reichel et du cristal Baschet. Il se compose de « rondins » de bois et de métal et peut se jouer à l’archet, avec des baguettes (façon percussion) ou par simple frottement de la main. Le son produit est proche de la voix du côté bois et proche du cristal du côté métal.
- Les percutubes manuels : installés entre les deux percutubes mécaniques ces deux instrument basés sur le même principe acoustique sont actionnés manuellement.Composés chacun d’un tube en PVC, d’une colonne d’air et d’une membrane en caoutchouc, ils sont ici enrichis d’un micro placé dans les tubes. Le son est produit lorsque l’opérateur actionne la manette de contrôle vers le bas (production d’un larsen) puis la relâche permettant alors à la membrane d’obturer l’embouchure du tube (production du son acoustique et coupure du larsen).
La Pièce sonore
La production sonore des mécanismes est acoustique.Certaines sources sonores sont, à l’aide de micros et de capteurs, absorbées par le bureau d’études, sorte de studio de recherches dans lequel l’opérateur peut effectuer des actions de traitement ou de transformation du signal sonore.Cette ingénierie retravaille et organise le signal sonore pour le réinjecter dans un dispositif de projection sonore mis en espace autour de la machine.
Le système de diffusion crée trois niveaux d’écoute :
- Un premier niveau que l’on peut appeler de proximité acoustique.
- Un deuxième niveau, orchestre de six haut-parleurs diffusant les signaux traités, transformés ou non.Chaque haut-parleur diffuse une production sonore différente invitant le spectateur à circuler autour de la machine pour agencer lui-même les sons et peut-être, composer ainsi sa propre pièce sonore.
- Un troisième niveau, avec deux haut-parleurs extérieurs à la machine, offre au spectateur une écoute d’ensemble de la pièce sonore.
Le déroulement des tâches effectuées par les deux opérateurs et les automatisations mettent en présence deux paramètres : la dimension écrite de la pièce sonore et l’aléatoire du son produit par les manipulations.
La pièce sonore se compose de quatre mouvements : ORGANIC, METAMEKANIK, MEKANIK et CHAOTIC, ponctués par des montages de paroles d’ouvriers (mineurs, sidérurgistes, ouvriers des chantiers navals) provenant d’interviews diffusés sur France Culture dans les années 90.
Le CD de la pièce sonore est distribué par METAMKINE (Réf. ACTRO1/1 ) www.metamkine.com
Des extraits de la pièce sonore ont été diffusé par des radios nationales, notamment à France Musiques dans les émissions “ Fins de mois difficiles » de Christian Zanési et « Tapage nocturne » de Bruno Letort.
Ils ont aimé et ils l’ont dit…
- Là où les usines fabriquent des matériaux concrets, l’usine Mékimanipulki produit du son, par essence impalpable. Mais les ressorts de production qui sous-tendent la mise en marche de la machine demeurent les mêmes et soulèvent les mêmes questions. Est-ce que la machine nécessite l’intervention de l’homme ? Quelle énergie utilise-t-elle ? Quel son produit-elle ? Dans quelles conditions peut-elle fonctionner ? Mékimanipulki développe une finalité et une esthétique qui peut quelquefois évoquer les machines absolument inutiles mais plastiquement fascinantes de Jean Tinguely, ou encore la grande symphonie industrielle que Luigi Russolo appelait de ses vœux. Mais là où le futuriste italien voulait rendre une sorte de culte à l’industrialisation et à la modernité, Yannick Lemesle utilisant pour le dire les outils mêmes de cette pseudo-modernité, adresse une critique mordante à la machinerie industrielle capitaliste jugée cruelle et aveugle. A noter, et ce n’est bien sûr pas un hasard, que de nombreux éléments ayant servi au montage proviennent des anciens Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer : interrupteurs, gaines d’aération, éléments de chaudière, sirènes,…
Gérard Nicollet, extrait de « les chercheurs de sons », éd. Alternatives.
- Premier mouvement «Organic » met en sons une usine qui se met à vivre par elle-même avant d’introduire l’homme en tant qu’opérateur avec « Métamékanik ». Arrive ensuite « Mékanik » qui figure en quelque sorte l’usine parvenant à se passer de l’homme. C’est là que les sons de synthèse apparaissent. Enfin « Chaotic » n’est pas un final qui annonce la fin de l’homme mais qui représente exactement l’état actuel de la société. Nous sommes aujourd’hui dans un espèce de chaos latent…. A l’écoute, le résultat est fabuleux et plaît à ceux qui ont l’imagination fertile, aux écrivains, aux auteurs de théâtre, aux fans de musique électronique et aux « teuffeurs » de tous bords.
Loïc Duprès, Nice Matin
- La « machine à son », pour laquelle Yannick Lemesle compose n’est pas seulement un automate musical, c’est une petite usine à musique. Premier goutte à goutte par lequel on imagine la pluie au petit matin sur un toit de tôle ondulée, tirant de sa torpeur la ville endormie. Alors se met en mouvement un dispositif compliqué de tiges, leviers, tuyaux, fils de fer, chaudière, bassins, etc… prototype archaïque, sorti d'un atelier de Daniel Duesentrieb au début de la révolution industrielle. Avec l’aide de son partenaire Olivier Miguet, Yannick Lemesle met en scène sur cet établi trépidant et cliquetant, une symphonie industrielle en quatre mouvements : Organic, Métamékanik, Mékanik et Chaotic. Engendrée tant par cette ingénieuse mécanique que par les manipulations – action manuelle des opérateurs - une construction bruitiste émerge, “musique” complexe sortie du Rhythm ‘n’ Noise, qui encore une fois, relie le futurisme primitif d’un Russolo, d'un Antheil ou d'un Mossolov à ZGA. Le bruit est assujetti au dictat du tempo de la seconde et ne se dissoudra que dans le final CHAOTIC. Le rythme de l’Engin-Moloch, l’odeur de la suie, de l’huile et du fer, assaillent l’imagination, terreur et beauté des automates. Comme une mécanique bien huilée, la modernité gronde, martèle et pilonne, inlassable. Nous qui pensions être les créateurs et les maîtres des machines, des robots, des prothèses; voici que nous devenons tous des marionnettes assujetties à la mesure, la répétition mécanique. Mais le bruit est aussi un conquérant de l’espace, et cette mécanique chante aussi son hymne à l'ordre éternel, certain. Evocation triomphale, mais aussi nostalgie de la modernité industrielle aujourd'hui défunte. Le monstre mécanique est mort et la peur que son cadavre inspire est minuscule, dérisoire. Le ballet ordonné des travailleurs du Metropolis de Fritz Lang, que Chaplin poussa jusqu'à l'absurde dans ses Temps Modernes, monument ancien d'un monde-industrie rejoint dans Mékimanipulki le domaine de l'attraction, pour devenir une curiosité anachronique, comme un mécano-orchestre mourant dont les viscères se répandent. Ironiquement, l’artiste en bleu de travail assume l’héritage du travailleur manuel devenu obsolète.
Rigo Dittmann, Bad Alchemy, Allemagne
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09.04.2007
Violineries
Une Violinerie est une expérience sonore essentiellement centrée sur le violon, proposée à l’auditeur sous la forme d’une pièce oscillant entre écriture et improvisation, aléatoire, sérieux et humour.
Une Violinerie est une expérimentation élaborée à partir du signal sonore du violon injecté dans un dispositif électroacoustique permettant de transformer, de traiter, de répéter, de déformer, de produire, de reproduire, de détruire, d’oublier, de conforter, d’annihiler, de jouxter, de triturer, de juxtaposer, de synthétiser… le son de ce même violon dans une ambiance « violet pourpre »
les sources sonores captées par des micros sont injectées dans différents appareils électroniques (échantillonneur, boîtiers d’effets, synthétiseur, table de mélange, …) composant une sorte de studio de recherches avec lequel le musicien peut effectuer des actions de traitement ou de transformation du signal sonore. L’ensemble de la production est simultanément projeté dans huit haut-parleurs indépendants les uns des autres. Ce dispositif pourra être agrémenté de cordophones mécaniques de facture originale et de sons d’instruments « intrus ».
Cet « orchestre » de haut-parleurs spatialisé donne au public une sensation de proximité du son et permet peut-être à celui-ci d’être au centre du phénomène psycho acoustique. Le choix d’une telle diffusion est guidé par la volonté de minimiser la barrière consensuelle entre le musicien et l’auditeur afin de créer une ambiance plus avenante.
20:40 Publié dans Créations sonores | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : violineries, violon, expérimental, matières sonores


